Lettre#76 Pourquoi culpabilise-t-on d'avoir une vie plus douce ?

« Je culpabilise de ne rien construire… alors que ma vie n'a jamais été aussi douce. »

Il y a un peu plus d'un an, ma cliente ex avocate est partie vivre à l'étranger avec sa famille. Un vrai saut dans l'inconnu. Beaucoup de préparation, un peu de stress, beaucoup d'audace... et l'envie de construire une vie qui lui ressemble davantage.

Quand nous avons commencé le bilan de compétences, son objectif était très clair : 
trouver un nouveau projet professionnel dans un autre pays.

Nos échanges ont tourné autour de l'accompagnement et pourtant... quelque chose me chiffonnait.

Je ne retrouvais pas cette petite excitation que je vois souvent quand un projet commence à prendre forme.

Je lui ai donc posé une question toute simple :
"Quand tu me parles de ce projet, est-ce que tu me racontes quelque chose qui te fait vraiment envie... ou quelque chose que tu sais faire ?"

Long silence. Puis elle m'a répondu : "Je n'avais jamais vu les choses comme ça..."

Alors nous avons continué à creuser.

Je lui ai demandé de me raconter ses journées.

Pas celles qu'elle imaginait, celles qu'elle vivait vraiment.

Et c'est là que j'ai découvert quelque chose d'assez étonnant.

Depuis plusieurs mois, elle travaille déjà avec son mari sur leur projet immobilier.

Elle s'occupe des aspects administratifs, juridiques et fiscaux. Elle donne son avis sur les plans, choisit la décoration, réfléchit à l'aménagement des lieux.

Quand elle en parle, son visage s'illumine.

Et, détail intéressant, elle ne m'a jamais dit : "J'adore régler les problèmes administratifs."

En revanche, elle m'a parlé du plaisir de construire un projet à deux.

De la liberté qu'elle ressent.

Du fait que personne ne l'appelle le soir parce qu'un dossier est urgent.

Qu'elle ne porte plus seule la responsabilité de tout.

Qu'elle dort bien et prend du temps pour elle.

Et que cette activité est rentable.

Je lui ai demandé : "Alors pourquoi cherches-tu un autre projet professionnel ?"

Elle a éclaté de rire et m'a répondu : 
"Parce que ça, ce n'est pas un vrai travail..."

Voilà. Nous y étions.

Pendant plus de dix ans, elle avait associé le travail à une certaine idée de l'effort.


Être utile, c'était régler les problèmes des autres.

Gérer les urgences.

Être disponible.

Supporter une forte charge mentale.

Son projet d'accompagner les expatriés reproduisait exactement le même modèle mais avec d'autres clients.

Au fond, elle cherchait à refaire un métier qu'elle connaissait déjà sous une autre forme.

Pendant ce temps-là, elle était en train de construire autre chose sans en avoir conscience, comme un jeu.

Or cette activité mobilise toujours ses compétences d'ancienne avocate, mais aussi sa créativité.


Le déclic de cette séance n'a pas été de trouver une nouvelle idée.

Il a été de s'autoriser à considérer que cette activité était un vrai travail.

Même si elle ne souffrait plus.

Même si elle ne passait plus ses journées à gérer les problèmes des autres.

Même si elle avait enfin le temps de respirer.

C'est ça qui me passionne dans les bilans de compétences.

On pense souvent qu'on va y chercher un nouveau métier.

En réalité, on y questionne d'abord sa relation au travail.

Est-ce qu'un travail doit forcément être difficile pour avoir de la valeur ?

Faut-il être débordé pour être légitime ?

Peut-on être utile sans porter le monde sur ses épaules ?

Je n'ai pas les réponses à ces questions. En revanche, j'aime les poser parce qu'elles font souvent bouger les lignes.

Et parfois, elles permettent de voir que le projet que l'on cherche depuis des mois est déjà là... juste sous nos yeux.

Si cette histoire vous parle, peut-être que ce n'est pas un nouveau métier que vous cherchez.

Peut-être est-ce simplement une nouvelle manière de regarder votre vie professionnelle.

Et ça, ça se travaille.

Je serais ravie d'en parler avec vous lors d'un rendez-vous découverte de 30 minutes, sans engagement.

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